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15e salon des livres de femmes : Stéphanie Soubrier

Agrégée, docteure en histoire contemporaine (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et chercheuse associée au Centre d’histoire du XIXe siècle, Stéphanie Soubrier est actuellement maître-assistante à l’Université de Genève.

Elle présente

Popularisée en 1910 dans le cadre du projet de recrutement d’une « force noire » en Afrique occidentale, la catégorie de « race guerrière » est utilisée dans l’empire colonial français des années 1850 à la fin de la Première Guerre mondiale. Elle y désigne certaines populations jugées particulièrement aptes à porter les armes, pour des raisons à la fois biologiques et culturelles : Bambara, Wolof et Toucouleurs d’Afrique de l’Ouest, Sakalava de Madagascar et habitants des hauts plateaux du Vietnam partagent ainsi le privilège discutable d’avoir été considérés par les Français comme des « soldats nés », prédisposés à exercer et à subir la violence extrême des guerres des XIXe et XXe siècles.

Menée à partir d’archives militaires, médicales et coloniales, cette étude retrace l’apparition et le développement d’une catégorie méconnue, fruit de la rencontre entre les officiers français et les populations colonisées, et mesure les conséquences concrètes et durables des stéréotypes raciaux sur la vie des individus. Elle propose ainsi une histoire nouvelle de la pensée raciale en France, attentive à ses contradictions, à ses effets pratiques et à ses mirages.

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